Florilège des professeurs de la promo 1975

Bonjour à tous,

En recherchant dans mes archives, je viens de retrouver des anciens carnets de correspondance (~1970 à 1977).

Ces carnets étaient vendus aux élèves au profit de la Caisse de solidarité du Lycée et que sur la troisième de couve, était mentionné l’Association des Anciens et l’adresse du proviseur de l’époque : M. Henri BORIS. Cette tradition s’est perdue au départ de ce proviseur.

Il n’y a des noms de professeurs que sur quelques uns de ces carnets malheureusement (orthographe approximative).

En Terminale C (année 74/75),

M. GRANGIER (Français et Philosophie) Il était très chahuté et un jour, de colère, il nous avait donné un sujet de Français dont je me souviens encore tellement il était prémonitoire « Que pensez-vous de la stabilité de la Macédoine ? »

Mme LEFEUVRE (Mathématiques) Elle avait remplacé M. HIEBLER qui était décédé brutalement à une rentrée précédente. M. HIEBLER était partisan de « l’attention soutenue ». Il commençait à traiter un sujet (toujours captivant ou d’actualité) pendant 5 minutes avant de commencer son cours. Puis on passait au cours de Maths.

LAITIER en Physique Chimie
Mme GENERMONT en Sciences Naturelles
VIVEY en anglais
CONTRI en Histoire Géographie
HILBERT en éducation physique

THENADEY: Professeur de dessin ses cours ont toujours été un régal, bien structurés, complets variés. Il voulait que nous pensions autrement.

ANDRE-PILLOIS : (dit « Pilou ») Professeur de Russe. Il avait une façon bizarre de noter les élèves : à chaque intervention d’un de ces élèves, il donnait une note sur dix avec des petits signes kabbalistiques qu’il notait soigneusement sur son petit calepin (une croix = 10 ; un tilde = 8 ; un bâton vertical = 5 ; etc…) Mais j’appréciais beaucoup ses digressions sur le « vieux slavon » (comme il affectait de la nommer) cette langue à l’origine du russe moderne (au moins, à ce moment, l’on n’était pas noté !)

Mme CROUTZET : (Musique) Elle nous avait communiqué le plaisir de faire des dictées musicales ! Oui !

Dans d’autres classes, j’ai eu le bonheur d’avoir aussi

BERNARD L’HOTE : (français) J’ai beaucoup apprécié, en plus de ses remarquables talents d’enseignement du français, sa grande culture générale.

M. THOTE (Français et latin ?)
M. BERGERON Sciences Nat.

Enfin en Math Spé M’, je ne voudrais pas oublier de mentionner M. CUENAT professeur de Mathématiques qui nous a si bien préparé au concours. Ces cours étaient une sorte de maïeutique avec les 5/2 ! Il envoyait systématiquement un 5/2 au tableau pour nous réciter le cours et le cuisinait !

Merci à vous tous mes anciens professeurs !

Enfin il y avait les « colleurs » ! dont certains étaient aussi professeurs au Lycée Hoche

En Mathématique : BESANÇON ; BOIZET ; COURTET ; DABLANC ; ROY ; LOULOU ; JOULAIN ; CLARISSE ; BRIANÇON ; BERLIOCHI

En Physique : MILLET, MICHON, SCULFORT, MESNIL, LESECH, FLORENT

En Anglais : BATAILLE ; LOUBIGNAC

Merci à vous tous,
Merci au Lycée Hoche,

Jean Fragnier

Deux profs et un camarade improbable

Bonjour, je me permets de revenir sur deux autres professeurs qui ont marqué mon court passage au lycée (4ème et 3ème) M. Bessière, professeur de français et poète comme l’a écrit quelqu’un auparavant, épicurien au grand coeur avec ses yeux rieurs, qui savait non seulement faire découvrir les grands auteurs, mais n’hésitait pas également a évoquer la collection S.A.S. …

Quant à M. Martineau, professeur d’anglais, c’est sans doute entre autre grâce a ses cours particuliers à l’heure du déjeuner que j’ai quelques facilités aujourd’hui à manier la langue anglaise. Je me souviendrai toujours de ses déjeuners, composés de petits beurre et de café au lait dans sa thermos, pendant que nous séchions sur ses exercices, nous rappelant à l’ordre de temps en temps avec ses « mes petits lapins »…

Je serais bien curieux également de savoir ce qu’est devenu un ancien camarade de cette époque, qui s’obstinait a vouvoyer tout le monde, sous sa cape d’infirmière de la Première guerre, traînant derrière lui un improbable cartable fait d’une valise en carton bouilli rafistolé, le tout monté sur un patin a roulettes ! Si, si, il a existé, il s’appelait Benoit Cabestan, si quelqu’un sait ce qu’il est devenu…

Cordialement,
Philippe Boursillon

Des profs d’anglais

J’ai eu Gillier en anglais en 69-70, après Mme Saint Paul en seconde et avant Max Longuenesse en Terminale et lui ai attribué quelques lignes dans les souvenirs 64 -71.

Gilbert GUISLAIN (64-71)

Proportions d’imbéciles

Tout a fait d’accord avec Pierre Birotheau: les maths ne sont pas tout.

Et d’ailleurs, « La proportion d’imbéciles qui sortent de Polytechnique est la même que celle des élèves qui sortent de l’école communale de mon quartier ».

Ce n’est pas de moi bien sûr, mais extrait de « Propos de O. L. Barenton, confiseur », un livre extraordinaire écrit… par un polytechnicien !

Michel Rouet (1950)

Excellence aussi en lettres

Ancien de cette grande maison, à laquelle je pense toujours avec nostalgie… Passage dur mais formateur, couronné de succès même si cela n’était pas dans la voie royale ! Formé par un paternel matheux hermétique aux lettres, j’ai glané une mention B au bac lettres en 82 et au moins je le dois au choix qui fut le mien, contre l’avis de mes parents, de choisir la filière littéraire après une seconde C désastreuse dont le troisième trimestre fut vécu comme un lâchage par une prof de math (Mme Quittard, qui venait de Toulouse) peu disposée a aider les bancroches des équations et autres xyzt !

Mais, et c’est là la vertu d’une grande maison, si M. Plouëssel, proviseur de l’époque, devait assurer un certain contingent de réussite dans les matières visibles pour la réputation du bahut, il avait eu l’intelligence de retenir et de sélectionner les meilleurs formateurs même pour les classes littéraires. J’ai ainsi pour connaître Monsieur Paul Laurent Assoun, personnage d’exception pour l’enseignement de la philosophie, homme particulier, brillant enseignant, M. Péchenard pour le français (bien autre chose que M. Barnier, quels qu’aient été ses qualités) ou encore un prof d’histoire dont je ne me souviens plus du nom, mais que j’ai trouvé excellent de clarté en terminale. Et M. Jeuffroy, plusieurs fois cité par les autres anciens qui ont commis ces messages et certainement aussi un personnage marquant. J’ai passé mon bac l’année ou Jean-Cassien Billier, une sorte de météorite de la philo et du français, a obtenu 20/20 à l’épreuve de philo du bac (« Faut-il présumer que l’histoire a un sens ? » – tel fut le sujet en 1982). Jean-Cassien, si tu lis ces lignes, manifeste-toi !

Pour terminer, une histoire triste. M. Dort, mort au cours de l’été de 1982, faisait le 1er cours du matin le lendemain du conseil de classe du 3eme trimestre – celui des orientations en 1ère… C (royal), D (correct), ou le reste. D’entrée, en pénétrant dans la salle de classe à 8 heures du matin, il annonce la couleur : « Evidemment il y a du déchet. Il y en a même un qui a demandé à aller en A ! » (c’était moi, et je n’ai jamais eu l’occasion de le regretter depuis). Ceci pour dire que tel était l’état d’esprit de ces enseignants sélectionneurs de bêtes à concours de matheux : et la vie bordel ! elle est diverse et peut aussi réussir à ceux qui ne font pas que des maths !

J’ai du respect pour le bahut, pour moi il n’y en a eu qu’un seul. Il m’a donné des enseignements et des enseignants de grande qualité (pas tous, mais bon) et je lui ai rendu en donnant ce que je savais bien faire.

Merci pour ce site et pour votre initiative. Et vive le bahut !

PS: pour ma petite histoire, je n’ai rien contre les matheux intelligents et ouverts, qui savent ne pas écraser leur environnement avec leur science dure, comme leur crâne d’ailleurs. Mon meilleur pote, connu à l’âge du collège à Gaston Serpette à Nantes (une bonne boite publique, très sérieuse aussi) à fait l’X (direct grand O après sup et spé) puis le corps des Mines… On est potes depuis 30 ans et je ne connais pas de personne plus simple, avec de la tenue et une énorme capacité à s’adapter à tout environnement. Les matheux peuvent être des gens intelligents, mais cela ne se mesure certainement pas au seul résultat des concours.

Bien à vous. Très chaleureusement.
Pierre Birotheau