In Memoriam : Jean-Paul BECHAT

Béchat
C’est un des anciens les plus emblématiques du lycée Hoche qui vient de disparaître ce 24 novembre 2014. Jean-Paul BECHAT avait été élève au lycée, puis en prépa, avant d’intégrer Polytechnique. Il avait fait presque toute sa carrière au groupe SNECMA , dont il était devenu le PDG en 1996.

Sous sa gouvernance, la SNECMA a vu son chiffre d’affaires multiplié par 4, ses effectifs passer de 18 000 à 60 000 personnes, ses résultats se rétablir de manière spectaculaire. Jean-Paul BECHAT a ensuite présidé à la création du groupe SAFRAN par fusion avec la SAGEM.

C’est la mémoire d’un des plus remarquables industriels français qui est aujourd’hui saluée unanimement dans tous les milieux économiques et politiques. Lorsque, voici plus de 15 ans, l’association lança sa campagne pour sauver de la ruine la chapelle du lycée, il fut un des tout premiers à répondre à notre appel. Je me rappelle un coup de téléphone, bref : « On ne peut pas laisser les choses en l’état ! Je vous envoie mon Secrétaire Général ». Ce dernier, après une visite des lieux, rendit compte. Et un chèque de 50 000 Francs fut le premier à alimenter la participation des Anciens à l’opération Chapelle.

L’Association des Anciens se souvient avec émotion de ce prestigieux ancien, et s’associe aux hommages qui lui sont aujourd’hui rendus.

Philippe-Georges CAPELLE, Président d’honneur de l’Association des Anciens de Hoche

Un maire, une médaille Fields et un centenaire sont intervenus devant 400 personnes à Hoche le 1er octobre 2014 !

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Le 1er octobre 2014, une mémorable soirée,  organisée par l’association des Anciens élèves du Lycée Hoche,  nous a réunis autour d’un ancien professeur, M. Gaston BATAILLE, de nouveaux membres d’honneur de l’association, et du conférencier  du jour, Cédric VILLANI, mathématicien français lauréat de la prestigieuse Médaille Fields. Dans l’amphithéâtre du Lycée, 400 personnes ont ainsi passé deux heures captivantes.

Tout d’abord, le Maire,  François de Mazières, a remis la Médaille de Versailles à M. Gaston BATAILLE, professeur agrégé en secondaire et classes préparatoires de 1945 à 1978, très apprécié des anciens élèves,devenu centenaire mais toujours en pleine vitalité intellectuelle.  Il a souligné ses  méthodes déjà très interactives, l’apport de sa carrière à l’honneur de la France et de l’enseignement. L’humour n’était absent ni de ses propos, ni de la réponse de M. BATAILLE : aux plus jeunes ici présents, l’anglais servira beaucoup et très vite; en effet, en ville, l’occasion vous sera donnée d’expliquer aux touristes anglophones les beautés du Château, et ceux-ci en concluront : «  je dois admettre que maintenant les jeunes français sont capables de très  bien parlernotre langue !».

Ensuite, pour  rendre hommage à nos anciens, maîtres, conférenciers qui ont  particulièrement marqué le Lycée, et lui ont fait honneur, Thomas Legrain, Président des anciens, a nommé Membres d’honneur six personnalités présentes : Gaston BATAILLE ; François de Mazières (Maire) ; M. Le Proviseur (à qui l’association doit un soutien précieux) ; notre conférencier Cédric VILLANI ; nos anciens Guillaume SAUVE (X ; PDG d’ADP international)  et Cédric DEFFAYET (ENS ; physicien,  professeur à l’X et enseignant à l’ENS,  médaillé du CNRS).

Enfin, la  conférence de Cédric VILLANI : son exposé très vivant, appuyé sur des projections percutantes,  souvent humoristique,  et les questions et réponses nous ont transportés  pendant deux heures aux  sommets des sciences,  en plein plaisir intellectuel !Né en 1973, il a enchainé  Maths sup et spé et l’Ecole Normale Supérieure Sciences, puis sa thèse sur la théorie de l’équation de Boltzmann. Sa carrière est dédiée à la recherche et à l’enseignement : il est professeur d’Université,  directeur de l’Institut Henri Poincaré ; ses travaux lui ont valu la Médaille Fields 2010, équivalente au Prix Nobel (qui  n’existe pas en maths), décernée 57 fois dont 12 fois à des français.

Il nous a montré, par les portraits  de  trois grands  mathématiciens (B. Riemann, L. Boltzmann, L. Kantorovitch),  que les découvertes en maths, où l’activité créatrice est permanente,  sont d’abord la création de nouveaux concepts, théorèmes, équations … puis deviennent un pilier des découvertes de la physique, et enfin le ressort d’applications très pratiques; par exemple, le GPS est inséparable de la géométrie riemannienne….

Les questions- réponses ont porté d’abord sur les maths en biologie et finances : pas assez de mathématiciens en biologie ; pléthore d’outils  financiers sophistiqués !  Il a aussi commenté ses travaux de la médaille Fields : l’amortissement de Landau, observé sur les plasmas, dont l’agitation après excitation  électrique diminue progressivement (s’amortit) ; enfin, à ses yeux, le monde est finalement est fait de plus de lois mathématiques que de matière !

La soirée a été conclue  par  de  nombreuses  photos des élèves autour de lui, et d’échanges décontractés et spontanés faisant plaisir à voir !  Merci encore à Cédric !

Lire l’article publié dans Les Annonces de la Seine n°44 du 30 octobre 2014

Source : www.annoncesdelaseine.fr

Vincent Bourgerie, administrateur de l’association des anciens de Hoche
 
Pour en savoir plus sur Thomas Mordant :
http://www.legrain2sel.com/grand-coup-de-chapeau-a-thomas-garcon-exceptionnel-fils-disabelle-mordant-avec-qui-jai-fait-une-partie-de-mes-etudes-au-lycee-hoche-16633.html
http://www.legrain2sel.com/noel-2008-lelysee-17074.html

Le 100ème anniversaire de M. Gaston BATAILLE

Hoche nous offre la chance de disposer de nombreux  professeurs qui non seulement apportent la meilleure formation,  mais encore laissent le souvenir, ineffaçable et heureux, de la  découverte et de la maîtrise des connaissances nouvelles, et de  leurs qualités humaines.

M. Gaston Bataille, professeur agrégé d’anglais de 1945 à 1978 en secondaire et classes préparatoires, appartient incontestablement à cette catégorie, et c’est pourquoi son centième anniversaire a été honoré deux fois à Hoche, les 20 novembre 2013 et  1er octobre 2014, dans les deux cas en présence de sa famille (dont trois fils, que nous avons côtoyés, passés des prépas de Hoche à Sup Aéro, HEC, et aux Mines de Paris, puis auteurs de trois brillantes carrières), du Proviseur et de nombre de ses anciens élèves heureux de  le revoir  plus de trente -cinq ans après son départ.

La première des deux  cérémonies, initiée et animée par un de ses anciens élèves resté en contact étroit avec lui  (Daniel Debomy, Hoche 1955-66) et organisée par l’association des anciens élèves, lui  a donné l’occasion de rappeler et de commenter, toujours en pleine vitalité intellectuelle, et avec le recul du temps,  sa conception et ses méthodes d’enseignement de l’anglais ; les deux articles suivants vous restitueront et commenteront toute son allocution du 20 novembre 2013 et les questions-réponses qui l’ont suivie.

Le 1er octobre, il a reçu la Médaille d’honneur de la Ville de Versailles des  mains du Maire, François de Mazières, lui-même ancien de Hoche. Dans l’amphithéâtre de Hoche, il a souligné ses  méthodes déjà très interactives, l’apport de sa carrière à l’honneur de la France et de l’enseignement. L’humour n’était absent de leurs  propos ; ainsi,  F. de Mazières, soulignant la présence simultanée de M. BATAILLE, C. VILLANI, et du Maire, précisa que cet évènement est exceptionnel,  parce que chacun de vos deux invités, G. Bataille et C Villani,   est lui-même une personne exceptionnelle et unique, tandis qu’un maire, il y en aura toujours un !  La réponse de M. BATAILLE fut également humoristique : aux plus jeunes  ici présents, l’anglais servira beaucoup et très vite; en effet, en ville, l’occasion vous sera donnée d’expliquer aux touristes anglophones les beautés du Château, et ceux-ci en concluront : «  je dois admettre  que maintenant les jeunes français sont capables de très  bien parler notre langue ! ».

Pour ma part,  et probablement comme  les autres anglicistes ayant été ou non ses élèves,  j’en  retiens les grandes caractéristiques suivantes : toute langue étrangère non seulement s’apprend mais surtout ellese vit (autrement dit, toute  notre personne doit s’y impliquer comme le fait  l’orateur ou le comédien dans son discours  et dans son attention aux autres),  et en conséquence les méthodes de M. Bataille étaient variées et  pragmatiques, immergeaient parfois spectaculairement toute la classe dans la nouvelle langue, forçant ainsi les élèves à  progresser  tout en veillant à  ne pas les déstabiliser, et l’humour, aussi utile que l’huile dans les mécanismes,  contrôlait la température, et renforçait la pédagogie active.

En lisant les deux articles suivants, vous en saurez plus, et conclurez probablement avec moi que ses méthodes conservent leurs vertus à l’époque du numérique !

> Réaction à l’intervention de Gaston BATAILLE lors de son intervention dans le cadre de la conférence organisée le 20 novembre 2013 par l’Association des anciens du lycée Hoche
> Intervention de Gaston BATAILLE, ancien professeur d’anglais au lycée Hoche, lors d’une conférence organisée par l’Association des anciens élèves

 

Vincent BOURGERIE, administrateur de l’Association des Anciens de Hoche